Qu'est-ce que le diamant de laboratoire (synthétique) ?
Pour le grand public, l'apparition du diamant de laboratoire suscite souvent une confusion légitime. La première chose à comprendre — et c’est une réalité scientifique indiscutable —, c’est qu’un diamant de laboratoire est un vrai diamant. Il ne s'agit ni de verre, ni de strass, ni d'un oxyde de zirconium, ni d'une moissanite.
Sur le plan atomique, sa structure est rigoureusement identique à celle d'une pierre extraite d'une mine : il est composé à 99,95 % de carbone pur cristallisé dans le système cubique. Il affiche la même dureté absolue de 10 sur l'échelle de Mohs, le même indice de réfraction de 2,417 et le même éclat incomparable. La seule et unique différence réside dans son lieu de naissance : le manteau terrestre pour l'un, une enceinte technologique pour l'autre.
Le cadre légal français et les critères d'exclusion
Pour le public averti, les professionnels et les investisseurs, l'usage des mots est strictement encadré par la loi. La nomenclature des gemmes en France est l'une des plus rigoureuses au monde, régie par le Décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 (relatif au commerce des pierres précieuses et des perles).
1. L'obligation légale du terme "Synthétique" ou "De laboratoire"
En France, le décret de 2002 interdit formellement l'utilisation de termes marketing flous ou poétiques pour qualifier ces pierres.
-
Les seuls termes autorisés :
La loi impose l'usage exclusif des qualificatifs « synthétique » ou « de laboratoire ». Ces mots doivent obligatoirement figurer sur la facture, le certificat de la pierre et l'étiquette en vitrine (par exemple : « Diamant de laboratoire »).
-
Les termes interdits :
Il est strictement illégal en France d'utiliser les expressions « diamant cultivé », « diamant de culture », « diamant écologique », « diamant vert » ou « diamant éco-responsable » pour désigner un diamant de synthèse. Ces appellations sont jugées trompeuses pour le consommateur car elles tentent d'assimiler la création d'un cristal de carbone à la culture d'une perle organique.
2. Diamant de laboratoire en comparaison des diamant d'imitation (Simulants)
Un expert fait une distinction technique absolue entre un diamant de synthèse (qui reproduit la matière) et un simulant (qui imite l'apparence).
| Propriété | Naturel | Laboratoire | Oxyde de Zirconium | Moissanite |
|---|---|---|---|---|
| Composition | Carbone (C) | Carbone (C) | ZrO2 | SiC |
| Dureté (Mohs) | 10 | 10 | 8 à 8,5 | 9,25 |
| Indice de réfraction | 2,417 | 2,417 | 2,15 à 2,18 | 2,65 à 2,69 |
| Conductivité thermique | Très élevée | Très élevée | Très faible | Élevée |
| Densité | 3,52 | 3,52 | 5,6 à 6,0 | 3,21 |
Comme le démontre ce tableau, les simulants comme le zirconium ou la moissanite ont des signatures physiques totalement différentes. Un simple testeur thermique de poche de bijoutier les repère en une seconde. En revanche, le diamant de laboratoire affichant les mêmes propriétés thermiques, physiques et optiques que le diamant naturel, il nécessite des instruments de laboratoire de haute joaillerie beaucoup plus sophistiqués pour être identifié, ce que nous analyserons dans les sections suivantes.